Ronald Pirson
Né à Anvers (Belgique) en 1941.
Commence à peindre à l’âge de quatorze ans et suit en cours privés l’enseignement du peintre Jean-Jacques Gailliard entre 1955 et 1957, puis les cours de dessin et de peinture (L. Braet) à l’Académie de Boitsfort (1958-1962).
Licencié en Journalisme et en Sciences Sociales à l’Université libre de Bruxelles. Docteur en Sciences sociales en 1972.
Après plusieurs années passées en Tunisie et en Algérie (travail de recherche), se fixe en Belgique en 1973 et suit les enseignements de dessin et de peinture du regretté Lucien Braet à l’Académie de Boitsfort. A partir de 1976, suit les cours de gravure et de lithographie de Simone Richir dans la même institution.
Diplômé de l’enseignement artistique supérieur en gravure et lithographie en 1985.
Technique utilisée :
Acrylique, Pigments et Encre sur papier
Description de la démarche / recherche artistique :
La peinture de Ronald Pirson est une question de présence. Etre là, c’est déjà beaucoup pour un tableau. Mesurer les formes à la toile, au format, au mur : tout un art. Le métier de peintre revient à engendrer des choses très simples par des chemins impossibles. Prendre pied dans l’espace. Investir la conscience. Peupler l’imaginaire. Un monde.
Tout crie la présence dans son univers. Couleurs fauves, stridentes, expressionnistes parfois. De grands regards frontaux qui nous scrutent éperdument. Ces personnages qui étirent leurs bras, agitent leurs membres, dansent autour du soleil ou tirent la langue. D’autres s’étreignent follement dans des gestes érotiques, forts. Expressionnisme est probablement un terme approprié. Plus qu’une inquiétude, c’est une angoisse shakespearienne qui a fait accoster Ronald Pirson sur les rivages de la peinture. Comment communiquer lorsque tout, dans la nature humaine, empêche la communication ?
Car sa peinture est paradoxale, tout de même. Que fait-on lorsqu’on ouvre la bouche ? Lorsqu’on tire la langue ? Quand on danse, quand on s’agite ? L’œil comprend vite que l’œuvre de Ronald Pirson est une affaire de parole, de rythme, de mouvement, et pourtant, le temps et l’espace accrochent au silence du tableau. A la couleur, aux formes, aux lumières en suspension ; sans motif - heurtante beauté - sans texte, sans explication.
La lueur du vide menace cet homme. Il faut peindre. Il faut. Toucher du bout des doigts la main tendue comme dans la fresque de Michel Ange pour la chapelle Sixtine.
Et pourtant, rien ne dit que tout espoir est perdu. Les visages qui nous fixent de face disent à quel point c’est une peinture engagée. L’influence de Somville est là. Tant que le regard est haut, l’être est debout malgré les douleurs, malgré les humiliations. Peinture de dignité, de foi en l’être humain autant que de désespoir ou de découragement. Un miroir du monde.
Dans les années 1970, la peinture de Ronald Pirson a probablement été un art du poing levé, du militantisme. Une anecdote raconte que, étudiant à l’ULB en mai 1968, il ait, avec d’autres, téléphoné à Fidel Castro pour lui demander son soutien à la cause. Son parcours de sociologue le dit également, sa thèse, son intérêt pour les nomades du désert algérien ou pour le vaudou d’Haïti.
Depuis, il y a eu d’autres rencontres, celle de l’Afrique, au premier chef. Le sociologue a sans doute étudié les tribus, mais le peintre y a surtout trouvé l’inspiration saturée de couleurs, de lumières, de générosité des formes. Il a collectionné les objets, tourné le regard vers les Peuls, les Masaï, les Noubas. Appris leurs langues, d’une certaine manière.
Ronald Pirson est trop fin sociologue pour ne pas savoir que le corps véhicule le sens d’une société, ses codes, ses mécanismes. Tout est écrit sur la peau, ou sur ce qui la recouvre. Regardons nos manières de nous habiller, de nous coiffer, nos démarches. Combien de calicots, de discours, de manifestes, sont punaisés aux frocs, aux fringues, aux mèches, aux tatoos ou aux piercings de notre jeunesse ? Le corps exprime la différence, et cette communication là, chez Ronald Pirson, n’est pas angoisse. Elle est jubilation, générosité. A l’heure des pensées uniques et des mondialisations, le peintre glane les poussières de différence qu’il jette dans la lumière du soleil. Tout est redevenu possible. Les corps grossissent, s’allongent, se déforment, se rejoignent. Les danses africaines répondent aux transes vaudoues. Les peuples dialoguent, par pure gourmandise humaine.
Tous les grands philosophes, Lévinas, Derrida, ont parlé d’autrui, de l’autre, cet inconnu qui se trouve devant nous (et en nous ?), si étrange, si éloigné, et qu’il faut pourtant approcher, apprivoiser, rencontrer. Dans leurs espoirs les plus fous, les penseurs ont dit qu’il était même possible d’aimer ce curieux étranger. Ronald Pirson, lui, l’a peint.
Sébastien Clerbois
Fichier Powerpoint (vertical !) "Book de Ronald Pirson
Liste des expositions avec dates et lieux :
Expositions personnelles
1980 Galerie l’Atelier de Michel Prévost (peintures)
1982 Galerie Abras (gravures)
1985 Librairie « Pierre Libre » (gravures et dessins)
1985 Galerie 2016 : « Autour d’un regard », un texte et trente-deux gravures inspirées du roman de Marguerite Duras « L’homme assis dans le couloir »
1987 Galerie Abras (huiles et gouaches)
1987 Galerie de Couvaloup (Suisse) (huiles, gouaches et gravures)
1990 Galerie Abras – Mont des Arts, « Corps à Corps » (techniques mixtes)
1992 Galerie de Couvaloup (peintures)
1992 Centre culturel Jacques Franck (peintures)
1993 Vrije Universiteit Brussel
1994 Christine Colmant Art Galery (peintures)
1994 Garden Stores Louise, 5 années de peinture 1990-1994 (rétrospective)
1996 Galerie Iris – Iles sur la Sorgue (France) (gravures)
1997 Chapelle des Pénitents – Gordes (France), Pour Baron Samedi, Ezili Fredo, Dambala, Legba Aidawedo et quelques autres…
1992-01 Représenté par la Galerie Baron Samedi – Isle sur la Sorgue (France)
2004 Exposition rétrospective à l’atelier de l’artiste
2007 Galerie Espace Blanche – Bruxelles (peinture et dessins)
Expositions collectives
1980 : Graveurs de Bruxelles. Artisanats et Industries d’Art du Brabant (Bruxelles)
1983 : International indépendent exhibition in Yokohama (Japon).
1983 : Galerie Arcade (Waterloo)
1984 : Concours de la maison de la Bellone (Bruxelles )
1985 : Lineart Gent, Galerie 2016 (Gent)
1988 : Galerie Abras-Mont des Arts (Bruxelles)
1989 : Galerie Abras-Mont des Arts (Bruxelles)
1992 : Parcours d’artistes 3 (Saint-Gilles)
1994 : Ateliers d’artistes (Saint-Gilles)
1992-2001 : présent aux expositions collectives annuelles de la Galerie Baron Samedi (Isle sur la Sorgue – France)
2007 : L’ULB s’expose
Adresse de contact
Ronald Pirson
21-23 Avenue de l’Eté – 1410 Waterloo
Tél / Fax : 02 354 31 98
Gsm : 0472523956
Mail : ronald.pirson@skynet.be